Le Hublot fermera-t-il ses portes au printemps ?

  • Cie Les Héliades

C’est un soir comme les autres mais pas tout à fait. Avant la manif des gens du spectacle comme on dit et celle, réprimée violemment, de tous ceux qui rejettent la loi de sécurité globale, entre les annulations, les énièmes reports et les quelques heures de répétitions volées à l'implacable COVID ou plutôt au choix de nos « décideurs », il y a cette soirée. Où on se dit que c'est sans doute fini. On a essayé et non, on n’y est pas arrivé. La faute à qui ? Au désengagement des fonds publics ? A l’époque incertaine ? A la peur qu’on nous colle au ventre et au cerveau : ne pas prendre trop de risque ? A nous qui n’avons pas encore fait tout ce qu'il est possible de faire ?

On a pourtant depuis un an et demi, réfléchi, ardemment travaillé, lancé des hypothèses et des perspectives avec d’autres artistes, d’autres compagnies, rêvé d'un projet mutualisé, de pouvoir passer les rênes de ce beau lieu fabriqué il y a maintenant 28 ans : le Hublot. Et nos chemins croisés n'ont pas réussi à écrire une nouvelle histoire, une suite magnifique à cette incroyable aventure qui a porté tant de compagnies, de partenaires, de publics, de projets de création.

Fermer ce lieu, qui est vivant, est un arrachement. Une absurde injonction à l’heure où les équipes ont plus que tout besoin de ces maisons de fabrication taillées à la juste mesure de leurs besoins de création et d’expérimentation. Ces 28 années n’ont pas non plus signé une quelconque lassitude d'un public non labellisé, ni des partenaires passionnés par les milles projets cousus main que nous avons co-fabriqués avec amour.

Fermer le Hublot au printemps, en plein bousculement de société me semble impossible, car c’est au moment où tout nous dit de nous taire qu’il faut oser agir.

Ce soir donc, je n'arrive pas à m'y résoudre. Et, soulevant cette vague de tristesse qui pourrait bien être un raz-de-marée, je me prends une nouvelle fois à espérer que peut-être, que sans doute, il y aura une compagnie, un collectif, des artistes associés qui s’y reconnaîtront et voudront s’y coller et réinventer l’aventure.

Nous sommes là jusqu’à fin mars, prêtes à passer cet outil et tout l’élan qui va avec. Je poursuis, quant à moi, mon travail de création ici et plus loin. Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à rêver. Les conditions de reprise du Hublot sont à retrouver sur le lien ci-après. Merci de faire amplement circuler ce message, peut-être qu’une conjecture favorable permettra de sauver de la fermeture ce lieu de fabrication artistique. Le temps presse et comme toujours, tout est encore à construire.
 

Véronique Widock

Appel à candidature et conditions de reprise du Hublot 

 

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