Gabriels

  • Compagnie Copeau Marteau
  • Ecriture, mise en scène et jeu : Eléonore Antoine-Snowde

Une sœur se souvient. A l’aide d’une marionnette réaliste à taille humaine, elle donne une forme au monde imaginaire inventé par son frère handicapé quand ils étaient enfants. Gabriel, c’est ce frère différent, cet autre qui lui échappe, qui lui est radicalement étranger. De chemins de traverse en digressions, Gabriel et sa sœur sont à la recherche d’un certain Gustave, leur rêve d’enfant. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Comment trouver la brèche qui ouvre à ce monde mystérieux ?

 

Dans une mise en scène hybride qui joue à entremêler l’onirisme et le concret, la Compagnie Copeau Marteau nous emmène à la rencontre de Gabriel et de son univers. La figure de Gabriel est dédoublée, représentée tantôt par un pantin réaliste à taille humaine avec une présence et une intériorité forte, tantôt par une marionnette beaucoup plus mobile. Disposés sur la scène, des objets du quotidien nous ramènent à l’enfance : ici, une cuvette de toilettes, là, un lecteur cassette qui donne à entendre le générique d’un dessin animé. Un moment de masque balinais vient ajouter du mystère au spectacle qui à mesure qu’il avance se déploie dans le mouvement presque dansé, et questionne cette autre forme de langage que nous partageons.

 

Dans ce spectacle troublant, l’usage de la marionnette fait ressentir avec humour, pudeur et justesse la complexité de la relation qui unit une sœur à un frère handicapé, une relation faite de joie mais aussi de frustration. En brouillant les pistes entre réel et imaginaire, Gabriels nous amène à la rencontre du handicap, un monde que nous connaissons peu, et questionne notre rapport à la norme, à la différence et à la vie que l’on se rêve. Gabriels parcourt le chemin d’un apprentissage de l’humilité et de l’écoute de l’autre.

  • Création du pantin : Ma Fu Liang
  • Lumière : Olivier Ruchon
  • Regard costume, scénographie et danse : Cléo Paquette
  • Accompagnement artistique : Jean-Louis Heckel